"C’est quoi, le dub ?", même s’il en restera toujours quelques-uns, jusque dans les couloirs de Télérama, pour poser encore la question, force est de constater qu’en douze ans d’existence, le Télérama Dub Festival a fait exister ce genre musical dérivé du reggae sur la carte de France.

 

Il suffit de compter, à travers l’Hexagone, les soirées qui lui sont aujourd’hui dédiées, les dub corners dans les festivals et la multiplication des sound systems, pour constater que notre travail a payé : le dub n’est plus cette niche étrange regardée avec condescendance ou suspicion. Même s’il en a souvent gardé la philosophie du partage, il a quitté l’underground. On ne peut que s’en réjouir. Mais cette mise en lumière nous donne encore plus de responsabilités. Elle nous impose de nous démarquer, de nous surpasser pour que le Télérama Dub Festival demeure un événement unique avec des surprises, des coups de cœur, des partis pris, des découvertes et des exclusivités reflétant la diversité de la scène d’aujourd’hui.


Comme de coutume, le festival parcourra la France durant tout le mois de novembre, à la rencontre des amateurs de grosses basses. Du nord (Lille) au sud (Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille), d’ouest (Le Havre, Brest, Saint-Malo) en est (Strasbourg, Saint-Etienne, Lyon). Sans oublier Paris, pour une nuit magistrale aux Docks de Paris – où, l’an dernier, 4 000 personnes ont célébré le dub jusqu’au petit matin.


Le cru 2015 du Télérama Dub Festival fera la part belle au dub anglo-saxon avec, entre autres, la venue de deux prestigieux sound systems : Reggae Roast et Dub Smugglers. Il marquera aussi la bonne santé de la scène française. Pour preuve la création live que Panda Dub, le producteur français indépendant qui monte, a spécialement concoctée pour le festival. Et le nouveau set de Stand High Patrol, dont le deuxième album, récemment paru, bouleverse pas mal de codes en la matière.


En live ou en sound system, roots, rub-a-dub ou digital, le dub s’expose pendant un mois sous toutes ses coutures. Et avec lui cette déferlante de basses fédératrices, synonymes de paix et d’unité. Le genre de sons et de mots dont on a plus que jamais besoin aujourd’hui.


Frédéric Péguillan,

Rédacteur en chef délégué de Télérama Sortir

Directeur artistique du Télérama Dub Festival

 

TDF2015 affiche